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 NIKKY ♣ Love is a temple, Love is a higher law.

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 Bastian L. Krüger
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MessageSujet: NIKKY ♣ Love is a temple, Love is a higher law.   Lun 8 Aoû - 18:02







Did I disappoint you
Or leave a bad taste in your mouth ?








C'était un mardi matin, trois semaines après la rentrée. Bastian s'était réveillé comme tout les matins, de mauvaise humeur.
Mais heureusement cette année il n'avait pas à supporter la solitude du dortoir, le désintérêt total que ressentaient ses anciens "colocataires" à son égard, sentiment qui était tout à fait réciproque.
Cette année, grâce à son redoublement, il partageait le même dortoir que Calvin, son meilleur ami. Le seul fait de le voir au saut du lit suffisait à lui rendre le sourire. On va encore bien rigoler aujourd'hui.

C'était vrai, ils rigolaient bien. Ils étaient enfin en cours ensemble et rattrapaient un tas d'années perdues. Alors oui, bien sûr Bastian tenait à réussir ses ASPICs cette fois, mais il comptait aussi profiter de cette dernière année pour être à nouveau heureux à Poudlard.
C'est donc ensemble qu'ils se rendirent dans la Grande Salle pour prendre leur petit déjeuner, en discutant de Quidditch, pour changer.


Bastian ♣ Et donc là tu vois, le batteur donne un coup venu de nulle part dans le cognard, et l'attrapeur se le prend en pleine face.

Calvin ♣ Dément ! Il a réussi à revenir ou ils l'ont remplacé ?

Bastian ♣ Nan c'était trop grave, l'attrapeur a dû sortir définitivement. Ils ont fini le match à six et étaient obligés de marquer plus de cent-cinquante points d'avance sur les Canons pour être sûrs de gagner.

Calvin ♣ Woaaw ça a dû être un match de fous. Qui est-ce qui a gagné alors ?

Bastian ♣ Benh c'est les Canons qui ont gagné finalement. L'attrapeur a eut le vif d'or six minutes après que l'autre soit sorti, mais les Tornades avaient quand même réussi à marquer soixante-dix points entre temps. Sept buts en six minutes. Leur gardien a dû se faire remonter les bretelles après ça. Tu peux me passer le pain s'il te plaît ?


Ils finirent de manger en discutant joyeusement, et Bastian prit soin de ne pas jeter un regard à la table des Poufsouffles, comme il en avait prit l'habitude depuis deux semaines.
Nikky y était certainement assise en ce moment même, et le Serpentard savait qu'elle ne lui accorderait pas un regard. Et si jamais elle le faisait, il ne voulait surtout pas qu'elle le voie s'intéresser à elle. Car si elle ressentait ne serait-ce qu'une once de culpabilité, il fallait qu'elle s'y fasse et peut-être se rendrait-elle compte de l'erreur qu'elle avait faite. Peut-être.
Il ne parlait plus d'elle à Calvin, tout comme lui n'avait plus parlé de Sullivan à son meilleur ami. Ils étaient dans la même merde dans un sens, et jouaient le même jeu, celui de feindre l'indifférence quand l'incompréhension et la tristesse les gagnaient.
Bastian saurait ce qu'il lui aurait dit de toutes façons. Tu espères trop, elle t'a largué sans même te prévenir, elle t'a lâché comme une vieille chaussette puante. Oui c'était vrai. Même s'il n'en disait rien, s'il n'en montrait rien, il espérait. Il espérait qu'elle se rendre compte de ce qu'elle avait fait, qu'elle se demande si cet idiot de Serpentard n'avait pas le droit à une autre chance.
Mais le pire dans tout ça, c'est qu'il ne savait pas, qu'il n'avait strictement aucune idée de ce qui s'était passé dans la tête de Nikky, il ne savait pas pourquoi elle ne lui avait jamais répondu, jamais donné signe de vie pendant tout l'été. Il en avait déduit qu'elle ne voulait plus de lui. Peut-être avait-elle été lassée de toutes ses lettres. Peut-être que leur relation n'était qu'un jeu pour elle. Peut-être n'était-il que son jouet, un de ces jouets qu'on utilise à son goût et qu'on jette dans la malle lorsqu'on en a marre de lui.
Cette pensée avait titillé son orgueil légendaire et il avait jeté l'éponge, maudissant cette fille qui s'était foutu de lui, mais qu'il aimait tellement, putain...

Lorsqu'il l'avait revue, à la rentrée, il avait voulu lui parler pour demander des explications. Après tout, peut-être que ce n'était pas sa faute, son père l'avait peut-être enfermée dans une cage ou bien elle avait été kidnappée, Merlin seul le savait. Il avait préparé un discours, répété maintes et maintes fois lorsqu'il était dans sa douche ou autres, mais lorsqu'il la revit enfin, lors du premier jour de cours, il se ravisa. Elle l'ignorait. Et aller lui parler aurait été lui donner une bonne occasion pour elle de l'humilier. Il ne laisserait pas cela arriver. Il ne lui ferait pas ce plaisir. Et pourtant il avait tellement envie de comprendre...
Alors cela faisait trois semaine qu'il l'observait à distance, prenant bien soin à ce qu'elle ne le remarque pas, ni elle ni les autres d'ailleurs. Il jouait l'indifférence, riait avec ses amis, travaillant, préparant les sélections de Quidditch, recréant sa vie sociale. Il avait toute une réputation à récupérer, une réputation qu'il avait complètement bousillée après la mort de sa mère.
La vie à Poudlard était bien meilleure avec la popularité. Et avant, Calvin et Basitan étaient les rois du Château, terrorisant les sang-de-bourbe, suivies par des fans clubs de filles en délire, jalousés et admirés par les garçons. Mais tout deux avaient pris de sacrés coups sur la tête qui les avaient fait chuter. C'était tout un programme que d'essayer de revenir au sommet.

En ce mardi matin ensoleillé, ils avaient un double cours d'Histoire de la Magie commun avec les Bouffondors suivi d'un double cours de Sortilèges avec les Poufsouffles.
Bastian et Calvin se relayaient en cours d'Histoire pour prendre les notes. Et ce matin là c'était à Bastian d'essayer d'être attentif, mais au bout de la première heure, il avait perdu tout sérieux et s'amusait à faire voler des poules en papier à travers la classe avec Cal.
Ils sortirent de la salle sous les foudres de l'intello de la classe - sur laquelle Calvin avait réussi à faire pondre des œufs à sa poule, tandis que la poule de Basti lui volait sa feuille de notes - et se rendirent en cours de Sortilèges, quelques étages plus bas.
Ils entrèrent dans la salle en derniers, et les yeux de Bastian furent irrésistiblement attirés par une Pouffy à la belle tignasse blonde assise un peu plus loin. Nikky. Tourne la tête Basti.
Il alla s'asseoir à côté de Calvin, et sortit son livre de Sortilèges à la page demandée par le minuscule professeur Flitwick. Ils allaient commencer un cycle sur les sortilèges de modification de l'environnement ou du corps, en commençant par le sortilège de Désillusion, qu'ils apprendraient en plusieurs cours.
Ce cours fut très amusant et très chaotique à la fois, et Bastian parvint presque à oublier momentanément la présence de Nikky dans la salle. Il parvint à désillusionner Calvin à moitié, ne laissant que ses jambes visibles, ce qui valut un fou rire au blondinet, tandis que Calvin le menaçait de mort s'il ne lui rendait pas le haut de son corps. Celui-ci se vengea par la suite en ratant aussi son sort, comme tout le monde dans la salle, et l'on ne voyait plus que le buste du Bavarois, ce qui l'amusa beaucoup finalement.
Les deux heures passèrent beaucoup plus vite que les deux précédentes, et bientôt il fut midi, l'heure de quitter le cours et d'aller manger.
Calvin et Bastian traînèrent, ils n'étaient pas préssés ; leur prochain cours était à quinze heures. Et Calvin était déjà à la porte alors que Bastian rangeait encore sa plume dans son sac.


Pr. Flitwick ♣ Dépêchez-vous Krüger, je n'ai pas que ça à faire moi. Tenez, il semblerait que Miss Vodianova ait laissé son livre, soyez gentils et ramenez lui.


Bastian se tourna vers le minuscule professeur en ouvrant de grands yeux. Le vieil homme lui tendait un livre de Sortilèges orné d'une petite étiquette où il était noté, d'une écriture qu'il reconnaîtrait entre toutes, "Nikkylia Vodianova".
Le Serpy prit le livre de sa main gauche avec précaution, n'ayant aucune envie d'effectuer cette tâche.


Bastian ♣ Vous... Vous n'êtes pas sérieux professeur ? C'est un complot, c'est ça ? Elle vous a payé ?

Pr. Flitwick ♣ Mais enfin Mr. Krüger, vous avez dix-huit ans, cessez de faire l'enfant !


Il se retourna et rejoint son bureau en maugréant à propos de l'immaturité de certains élèves, surtout ceux de Serpentard. Mais Bastian ne l'écoutait pas, il sortit à reculons de la salle de classe en regardant le livre sans y croire. Lorsqu'il fut sorti, il regarda Calvin.


Bastian ♣ C'est une conspiration c'est pas possible... Mec, tu veux pas...

Calvin ♣ Rêve, je la supporte pas tu le sais bien.


Il soupira, regardant à nouveau son livre tandis qu'ils rejoignaient l'escalier le pus proche. Après tout, c'était peut-être l'occasion tant attendue pour lui parler. Ils arrivèrent rapidement dans le Hall. Il y avait beaucoup de monde, la plupart des élèves avaient cours à treize heures et allaient manger. Bastian chercha des yeux Nikky et ne tarda pas à la trouver. Elle était en pleine discussion avec d'autres gens que le Serpentard ne prit pas la peine de regarder ou de chercher à reconnaître. Il se tourna vers Calvin.


Bastian ♣ Vas-y, m'attends pas.

Calvin ♣ Te laisse pas faire hein !


Bastian eut un petit rire et s'enfonça dans la foule d'élèves, ne quittant pas Nikky des yeux. Il sentait un tas d'émotions l'envahir, mais s'empêcha de les écouter. Cette fois, elle le regarderait. Cette fois, elle lui parlerait, et il ne repartirait pas sans une explication.
Ça, c'était certain.


Bastian ♣ Nikkylia Vodianova ?


Il avait parlé fort, se tenant à quelques mètres d'elle, et regardant le livre qu'il portait dans ses mains, faisant semblant de lire l'étiquette. Il la regarda, sans un sourire.


Bastian ♣ Tu avais oublié ton livre, je me suis dit que je te le rapporterai.


Sans la quitter des yeux, d'un regard inflexible, un regard d'acier qui ne se laissait pas envahir par les émotions qu'il ressentait au fond de lui. En fait, il se sentait fort à cet instant, se sentait capable de tout. C'était comme si quelqu'un avait appuyé sur un bouton qui désactivait tout sentiment trop profond.
A ce moment précis, Nikky avait peut-être l'impression de revoir le Bastian d'avant, celui qui se moquait d'elle et ne lui souriait jamais.
Mais il s'en fichait. Il voulait juste savoir.




_________________




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 Nikkylia S. Vodianova
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MessageSujet: Re: NIKKY ♣ Love is a temple, Love is a higher law.   Mar 9 Aoû - 18:49




and I learned to live, half alive.


Nikkylia ne s’excusait pas. Principe de base. Elle n’était jamais en tort, quelle que soit la situation. Et elle n’aimait pas le goût amer que cette entreprise lui laissait en bouche. Ni le sentiment de se sentir redevable envers qui que ce soit. Ni… La liste se trouve en réalité être bien longue, ennuyeuse, et désagréable. Inutile, donc, de s’entêter à la dresser. Et pourtant, ces dernières semaines, elle avait longtemps hésité à passer outre. Elle avait presque craqué. Presque. Avant de reprendre ses esprits. Elle n’était pas en tort. C’était vrai cette fois, pas simplement une phrase dépourvue de sens que l’on se répète en boucle dans l’espoir aussi futile que dérisoire d’atténuer un quelconque sentiment de culpabilité. Elle n’avait rien fait, vraiment. Au contraire, pour la première fois depuis bien longtemps, elle s’était à nouveau sentie heureuse, avait retrouvé une raison d’apprécier le lever du soleil chaque matin. Ses sourires n’étaient plus feints, ses yeux ne brillaient plus à cause de la peur. Elle s’était enfin sentie vivante, presque prête à flotter à la surface, à inspirer de grandes bouffées d’oxygènes plutôt que de laisser l’eau submerger ses poumons, menaçant de la noyer à chaque instant. Grossière erreur. A partir de là, elle avait atteint le stade de non retour. Et la descente aux enfers avait commencé.

Le souvenir de l’été passé était cependant encore trop présent dans sa mémoire pour étouffer quelque peu le chagrin sentimental. Elle avait bien cru qu’elle ne survivrait pas. Pire, elle l’avait espéré, de tout son cœur. Ces deux mois furent les plus douloureux de sa misérable existence. Mais elle se portait mieux à présent – sans doute puisqu’il était impossible de faire pire. Et puis lorsqu’elle l’avait vu à la rentrée, ce blond aux beaux yeux bleus et au sourire charmeur, elle avait espéré, qu’alors, elle irait bien. Qu’il lui suffirait de se blottir un instant dans ses bras pour balayer ses mauvais rêves. Cela aurait pu être le cas… s’il lui avait accordé ne serait-ce qu’un regard. Où était passée leur relation ? La fin de l’année scolaire précédente s’était-elle envolée ? Sortait-elle d’une dimension parallèle où ses fantasmes devenaient réalité ? Ou bien était-elle subitement devenue pas assez jolie, pas assez bien, pas assez digne de partager encore son quotidien ? Plus intéressante maintenant qu’elle pouvait se passer d’artifices ? C’était ça ? Elle lui avait servi de hochet un temps, et puis elle avait subi le même destin tragique que ces pauvres morceaux de plastique. On les balance lorsque l’on n’en veut plus, parce que ce n’est plus de notre âge, plus assez évolué. On n’en veut plus, c’est tout. C’était de cette manière qu’il voyait les choses ? Il en avait fini avec elle sans même un mot d’au revoir, trop enthousiasmé et hâté à l’idée de trouver un nouveau jouet, plus cool qu’elle ? Le truc qu’on croit indémodable, on l’admire, on le convoite, et puis lorsqu’on l’a… on le laisse tomber comme les précédents. Elle aurait du le voir venir après tout… C’était tellement lui. Elle n’avait pas été la première, et elle ne serait pas la dernière. Loin de là. Mais tant pis. Elle s’en fichait. C’était lui le perdant. C’est vrai quoi, elle vivait bien sans lui. Très bien même. Pas de quoi en faire un drame, franchement. Il l’avait démolie, bien avant de la laisser tomber, bien avant qu’il ne puisse la laisser tomber même. Sans lui, elle pouvait se tenir debout, droite et fière. Ou peut-être pas.

Lassitude. C’était exactement la même chose, le même sentiment, tous les matins quand il fallait se lever. Quelques semaines à peine après la rentrée, ça commençait bien. Mais c’était plus fort qu’elle. La vie à Poudlard était devenue morne, et sans aucune saveur. Après l’année qu’elle avait passée, il lui était même impossible d’éprouver quelque sympathie que ce soit pour ses compagnes de dortoir. Elles étaient tellement… puériles. Leurs conversations la laissaient totalement indifférente, ou dans le meilleur des cas – tout est relatif bien sûr – parvenaient à l’agacer pour le restant de la journée. Pas très glorieux. Et elle s’en sortait avec un « T’es nulle Nikky ! » lancé sur le ton de la rigolade, certes, mais qu’elle ne pouvait s’empêcher de percevoir avec une certaine amertume. Sûrement parce qu’elle ne pouvait qu’approuver. Elles avaient raison sur ce point au moins. Elle était nulle. En dessous de tout. Digne de rien. Même pas de lui. Surtout pas de lui. Elle balaya cette réflexion d’un geste de la tête, envoyant sa longue chevelure blonde valser derrière ses épaules. Quoiqu’elle fasse, il revenait hanter son esprit, qu’elle soit endormie ou éveillée. Ca aussi, c’était lassant, pire que les éternels petits pains au petit déjeuner. Ce qui ne l’empêchait pas d’en remanger tous les matins. Elle se trouvait d’ailleurs dans la Grande Salle, assise à la table des jaune et noir, tournant le dos à celle des vert et argent. Position stratégique. Ne pas le regarder, cela ne servait à rien, et elle n’avait absolument pas le besoin de lui faire croire que la manière dont il avait joué avec elle l’avait touchée. Ce qui n’était pas le cas, bien sûr. Enfin si, mais Lukas, son meilleur ami, tentait désespérément de lui faire comprendre le contraire. Elle avait juste besoin de croire qu’il ne la méritait pas, qu’elle valait mieux que lui. Facile en théorie, un peu moins dans la pratique. Il fallait pourtant bien faire avec.

C’était un mardi matin. Elle avait double cours de potions. Cours qu’elle détestait, mais qu’elle s’était prise à adorer puisqu’elle devait tellement se concentrer à éviter de faire exploser le contenu de son chaudron qu’elle était devenue, pendant ce temps, imperméable à toute pensée parasite. Il était une pensée parasite. Et elle avait présentement envie de s’arracher la tête plutôt que de le laisser encore une fois l’envahir. A croire qu’elle ne savait rien faire d’autre, que de s’obliger à la douleur. Se forçant à afficher un sourire sur son visage, elle tenta de se reconnecter à la réalité. Les garçons autour d’elle parlaient Quidditch. Encore quelque chose qui ne changerait jamais. Elle se joignit cependant à eux avec un enthousiasme non feint. Le sujet à l’honneur était les sélections. Pour l’équipe de leur maison. Et tout le monde savait qu’elle conserverait sa place de Poursuiveuse, tout de même. Elle n’était pas seulement une fêtarde invétérée, elle se débrouillait très bien sur un balai. C’était là un don et une passion qui lui étaient propres, que personne n’avait partagé dans la famille. Et elle adorait. Ce sentiment de liberté qu’on ne pouvait éprouver qu’en plein vol, c’était grisant… et reposant. Comprendre par là qu’elle pouvait enfin ne penser qu’à elle. C’était sûrement égoïste, mais on ne pouvait pas lui en vouloir.

La matinée avait vite filé. Comme à son habitude, elle avait été désastreuse en potion, et elle avait passé le cours suivant, sortilège en commun avec les Serpentards, à pratiquer l’exercice proposé avec une assiduité que personne ne lui avait connue les années précédentes – cela dans l’unique but de s’empêcher de chercher un visage particulier du regard et de sauter sur la personne à qui il appartenait une fois que la cloche avait sonné. A ce moment précis d’ailleurs, elle s’était empressée de quitter la salle, sans un regard derrière elle. A présent dans le hall d’entrée, elle se trouvait en grande discussion avec le groupe de mecs du petit déjeuner. Bizarrement, et contre toute attente, - et aussi lorsqu’ils ne parlaient pas de filles – c’était avec eux qu’elle s’entendait le mieux. L’éclat de rire qu’elle venait de laisser échapper en était sans doute une preuve irréfutable. Elle ne riait pas souvent, mais elle savait apprécier ces moments. C’était presque… sacré, inviolable. Et pourtant, une voix qu’elle ne connaissait que trop bien – pour l’entendre chaque nuit dans ses songes, entre autre – était venue briser son court instant de bonheur. Son cœur s’arrêta de battre un court instant, se serrant dans sa poitrine. Elle adressa quelques paroles à ses « amis » pour leur signifier qu’elle les rejoindrait dans la Grande Salle avant de se retourner vers l’intrus. Bordel, qu’est-ce qu’il lui voulait, maintenant ?

« Krüger. » Lancé d’un ton indifférent, ce simple nom prenait des airs d’insulte dans sa bouche. Et Pourtant, Merlin seul savait qu’elle l’adorait ce nom. Nikkylia Krüger. Elle s’y était déjà vue. Ou pas. « T’as pas pu trouver mieux comme excuse ? Je sais parfaitement où j’ai rangé mon bouquin. Tiens, il est… » Cherchant avec acharnement dans le sac qui pendait à son épaule, elle du bien se rendre à l’évidence au bout de quelques secondes. « … Pas dans mon sac. » Sans doute était-ce pour cela que le bagage lui avait paru léger. Bien, Nikkylia, t’en as d’autres des comme ça pour te ridiculiser devant lui ? « Je suppose que c’est le moment où je suis sensée te remercier. Mais je vais m’abstenir. Tu m’en veux pas ? » Son regard clair s’était planté dans celui de Bastian. Bastian. Bastian. Bastian. Comment osait-il se pointer devant elle – avec ou sans son livre, elle s’en fichait – après tous les efforts qu’elle avait déployés pour ne pas penser à lui ? Il n’avait pas le droit. C’était injuste, déloyal, cruel… la liste était longue. Mais on comprend l’idée. Ses yeux, agissant en parfait miroirs, étaient complètement inexpressifs, presque durs. Ne manquerait plus qu’elle lui laisse voir sa vulnérabilité, à quel point il lui avait fait mal. Elle se le refusait. D’autant plus qu’elle peinait à le reconnaître. Les quelques instants qu’ils avaient passés ensemble prenaient soudainement l’allure de rêves illusoires face à ce visage de marbre. Le même qu’il lui offrait, avant. Des rêves de petites fille croyant au prince charmant. Des rêves qui s’effacent devant la réalité de la vie. Mais des rêves que l’on ne peut s’empêcher de croire réels.

Le voir debout face à elle, là, maintenant, bien réel, ne pouvait que faire remonter les souvenirs qu’elle s’employait à enfouir puisqu’elle ne parvenait à les oublier. Elle se remémorait cette soirée où tout avait commencé dans la salle sur demande. « Je te hais… tu n’imagines même pas comme je t’aime… te hais. » Tout ne se résumait qu’à cela il fallait croire. Haine. Amour. Haine. La boucle était bouclée, non ? Et pourtant le premier baiser qu’ils avaient échangé, juste après, n’avait rien de haineux. Les semaines qui avaient suivies n’avaient rien de haineuses. Tout avait été… parfait. Trop peut-être. Un rêve. Inaccessible. Mais elle pouvait presque encore entendre sa voix au dessus de la musique lorsqu’il la présentait comme sa « petite amie » à la fête de Lukas. Son cœur s’accélérait, comme s’il tentait de se dégager de sa cage thoracique. Son estomac se serrait, parti pour un tour de montagnes russes. Et plus que tout, elle sentait ses yeux s’humidifier. Stop. Ne pleure pas, surtout ne pleure pas. Pas devant lui.

« Tu voulais autre chose ? » Sa voix tremblait, elle se ressaisit. « Non bien sûr, quelle idiote je fais. Tu m’as laissée derrière toi, à quoi est-ce que je pourrais encore bien te servir ? » Son ton plus assuré se voulait blessant. Peut-être que s’il éprouvait ne serait-ce qu’une once de culpabilité visible les choses iraient-elles mieux pour elle ? C’était stupide, certes, mais elle ne pouvait s’empêcher de l’espérer, de prier même. Ses billes le fixaient, emplies d’une lueur nouvelle. Ce n’était pas cet amour teinté d’admiration qu’elle lui avait toujours offert, plus une sorte de défi. « Explique-toi si t’es un homme. » Voilà exactement ce que ses paroles signifiaient. « Regarde-moi dans les yeux, et ose me dire que tu ne m’as jamais aimée, que tout cela n’était qu’un jeu pour toi. » Mais elle avait trop peur de l’entendre de sa bouche pour oser les formuler à haute voix. « Bastian Lukas Krüger, tu me rends folle. » C’était justement cela le problème, elle était folle. Folle de lui, malade d’amour. Pathétique. Elle était pathétique, vraiment…


Dernière édition par Nikkylia S. Vodianova le Dim 18 Sep - 17:43, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: NIKKY ♣ Love is a temple, Love is a higher law.   Mar 16 Aoû - 12:58




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« Je te hais ! T’imagines pas comme je t’aime.. te hais ! »
C'était sur ces mots que leur histoire avait réellement commencée. Et maintenant qu'il regardait Nikkylia, se tenant debout à quelques mètres d'elle, cette époque lui semblait déjà si lointaine... Si loin. Jamais tant de centimètres les avaient séparés auparavant. Deux mois avant, cette distance n'existait pas, cette distance était aisément franchissable. Mais maintenant... Maintenant Bastian ne pouvait s'imaginer s'approcher plus, et pourtant Merlin savait combien d'efforts il devait déployer pour ne pas avancer vers elle, la toucher, respirer son parfum, rêver en se laissant dériver dans l'océan de ses yeux bleus...
Tout cela était impensable. Il ne pouvait plus se laisser aller à espérer alors qu'elle l'avait complètement ignorée pendant cet été, le laissant user sa plume et son encre désespérément dans l'espoir d'avoir de ses nouvelles, de savoir qu'elle pensait toujours à lui. C'était pire encore qu'une rupture. Pire qu'un coup de poignard. Et cet indifférence développait en lui des sentiments contraires ; autant il l'avait aimé, autant il la détestait pour ce qu'elle lui faisait.
Tout comme elle l'avait détesté de tout son cœur pour ce qu'il lui avait fait. Et pourtant, elle lui avait dit qu'elle l'aimait.
Mais c'est ce qu'elle avait dit.

Était-ce ce à quoi ils étaient destinés ? S'aimer, se détester sans cesse ? Se faire du mal ? Ou était-ce juste la fin, avait-elle préféré lui rendre la pareille en lui brisant le cœur ? Avait-elle joué la comédie, dans le seul but de se venger ?
C'était incroyable, mais c'était la théorie qui semblait la plus plausible à Bastian. Il avait tout revu, tout imaginé, avait passé des nuits sans dormir, à se demander ce qu'il avait pu bien faire, dire, pour mériter cela. Il s'était souvenu de chaque mot qu'elle avait prononcé, chaque moment qu'ils avaient passé ensemble, et s'était demandé s'il était possible que tout cela n'ait été que purs mensonges. Que ces regards, ces baisers n'étaient que des écrans de fumée.
Alors il la détestait, et se sentait revenir comme avant. Il sentait la rage envahir ses veines, se sentait l'envie de lui faire autant de mal qu'il pouvait.
Mais dès qu'il la revoyait en cours ou au détour d'un couloir, toutes ses pensées retombaient, tout recommençait. C'est impossible qu'elle t'ait fait ça. Regarde, c'est un ange tombé du ciel.

Tout cela ne rimait à rien. Il ne comprenait pas, ne réussissait pas à trouver de réponses à ses questions.
Et elle était la seule à les connaître.

Mais pour l'instant, Mlle Vodianova cherchait nerveusement son livre de Sortilèges dans son sac, tentant de prouver à Bastian qu'elle savait très bien qu'il cherchait une excuse pour lui parler. Sauf qu'elle avait tord bien entendu, s'il l'avait vraiment fait exprès alors il devait pleuvoir des curés à vélo dehors. Par contre, s'il comptait en profiter pour demander des explications à Nikky, ça oui.
Au bout d'un moment, elle se rendit à l'évidence que le livre que le Serpentard lui tendait était bien le sien et le prit sèchement.


Nikkylia ♣ Je suppose que c’est le moment où je suis sensée te remercier. Mais je vais m’abstenir. Tu m’en veux pas ?


Bien sûr que si je t'en veux. Après t'être bien payé ma tête un merci ne t'arracherai sûrement pas la bouche.
Et puis d'abord, c'était plutôt à lui de se comporter ainsi avec elle. Un peu plus et elle l'accuserait de l'avoir ignorée tiens. Elle était bonne celle là. Il commençait à regretter de ne pas avoir jeté le livre dans le couloir. Mais bon, au moins il n'avait rien à se reprocher.
Il laissa retomber son bras, et planta son regard dans le sien. Elle aussi avait mit un masque. Un masque de dureté, de froideur, d'indifférence. Ou peut-être se faisait-il des illusions, et que ce regard traduisait juste ce qu'elle pensait. Mais il croyait déceler dans ses yeux une lueur qui lui était familière...
Il pinça les lèvres, détourna son regard le temps d'une seconde, d'un air légèrement agacé. Il se remettait à espérer bêtement, comme un gamin de cinq ans qui passerait la nuit du 25 décembre sous la table du salon pour voir le Père Noël.
Le Serpentard reporta ses yeux sur la blondinette qui était toujours là. C'était un peu étonnant en soi, vu son attitude envers lui. Il se serait attendu à ce qu'elle soit déjà partie retrouver ses chers amis.


Nikkylia ♣ Tu voulais autre chose ?


Ah tiens, en fait si, elle est pressée de partir. C'est vrai quoi, pourquoi perdre son temps avec ce stupide mec qui a bêtement cru à son histoire d'amour ? Allez vas-y casse toi puisque je t'ennuie.
Bastian sentait la colère et la déception le gagner. Il sentait ses mains trembler et tenta de se contenir. Pourquoi en plus lui offrir le plaisir d'un spectacle si comique ?


Nikkylia ♣ Non bien sûr, quelle idiote je fais. Tu m’as laissée derrière toi, à quoi est-ce que je pourrais encore bien te servir ?


Que... QUOI ? Was hast du gesagt ?
Bastian ouvrit des yeux ronds sous le choc, et se sentit tout à coup pris d'un fou rire nerveux qu'il ne put contenir. Non, non, c'était impossible, pitié. Tout mais pas ça quoi. Mais elle se foutait de lui là ? C'était un canular non ?
Il rit à gorge déployée pendant quelques secondes, se fichant complètement des regards des autres, ne cessant de regarder Nikky. C'était un rire jaune incroyablement dépourvue de joie. Comment osait-elle ?
Il reprit à peine son souffle, l'air toujours aussi fou que lorsqu'il riait. Il ne fit pas attention au fait qu'il criait à moitié, ni même qu'il avait du mal à respirer. C'était la goutte de trop, et maintenant il laissait sortir tout ce qu'il avait sur le cœur. Peu importait de savoir si elle allait le prendre mal ou quoi. Elle se foutait de lui une fois de trop.


Bastian ♣ Pardon ? Pardon ? Tu te fiches de moi j'espère là ? Je t'ai laissé derrière moi ? C'est moi qui t'ai laissé tomber ?
On ne doit pas vivre sur la même planète Nikkylia. Tu veux savoir l'été de merde que j'ai passé à cause de toi ? Tu veux savoir combien de nuits j'ai passé à me demander pourquoi tu me laissait tomber ? Pourquoi, pourquoi tu ne répondait pas à mes lettres ? Tu sais combien je t'en ai envoyé ? Hein ? Oh nooon, tu as dû bien t'amuser à les lire en riant, ah quel idiot celui-là, avec ses phrases romantiques et tout. Je t'en ai envoyé vingt-cinq. Vingt-cinq lettres. Et combien de réponses ? Combien ? Aucune ! AUCUNE PUTAIN DE LETTRE !



Il avait crié aussi fort qu'il pouvait en disant cette dernière phrase, insistant sur chaque mot et pointant la Pouffy du doigt. Le silence était tombé dans le Hall, tout le monde regardait à présent Bastian et du coup Nikkylia. Certains suivaient avec délectation l'évènement, d'autres s'éclipsaient et d'autres les regardaient simplement d'un air scandalisé. Mais il s'en fichait, il reprenait juste sa respiration afin de pouvoir continuer. Il était tendu, sur les nerfs, et dans une telle colère qu'il devait faire peur.


Bastian ♣ Rien, zéro ! Et tout ce qu'on a vécu alors ? Toutes ces promesses, ces projets ? C'était quoi, du bidon ? Tu t'es foutu de moi, j'ai trop cru en notre histoire ? Tu aurais pu me le dire tu sais. « Bastian, tu me soules, j'en ai marre de toi et de tes espoirs à la con. » Ç'aurait été beaucoup plus clair ! Plutôt que de me laisser ramer là, pendant deux mois. A moins que tu ne le cherchais ? C'est ça, c'est ce que tu voulais ? T'avais envie de me voir souffrir ? Et là maintenant tu continue à te foutre de ma gueule pour que je me donne en spectacle devant tout le monde ? T'as eu ce que tu voulais ? T'es contente ?


Il ne s'était jamais senti aussi mal, aussi en colère depuis la mort de sa mère. Il avait envie de tout casser, de hurler aussi fort qu'il le pouvait, de tuer des gens même, juste comme ça, pour se défouler. Il tremblait de tout ses membres, et n'avait pas remarqué que des larmes avaient coulé de ses yeux. Il s'en fichait. Il regardait Nikky, tentant de reprendre son souffle, mais la colère et le désespoir le fatiguaient. Comment pouvait-il en être arrivé là pour elle ? Il fallait qu'il l'aime, bordel.
Il reprit, moins fort.


Bastian ♣ Putain Nikky, je t'aime moi j'ai rien demandé. Qu'est-ce que j'ai fait ?


Il sentait la colère le quitter peu à peu, et ce départ progressif laissa la tristesse l'envahir. Il tentait de refouler les larmes qui lui inondaient les yeux. Avec le peu de rage qui lui restait, il jeta son sac par terre, faisant sursauter certains élèves qui les observaient toujours avec passion.


Bastian ♣ Scheiße !


Il resta planté là, à regarder Nikky. Il avait vidé son sac maintenant, mais il ne se sentait pas mieux pour autant. Une part de lui espérait juste qu'elle le prenne dans ses bras, mais l'autre part attendait qu'elle éclate de rire, se moquant avec grand plaisir de sa débilité suprême.
Mais en fait il s'en fichait juste complètement. Il ne voulait plus qu'aller se blottir dans son lit et mourir.





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MessageSujet: Re: NIKKY ♣ Love is a temple, Love is a higher law.   Mer 17 Aoû - 17:41




will we ever say the words we're feeling ?


Continuant d’agir en parfait miroir, Nikkylia n’avait pas esquissé un seul mouvement. Elle avait presque l’impression de retenir son souffle en se présence. Et pourtant, plusieurs mètres les séparaient, foutue distance. Elle n’avait jamais existé entre eux, avant. Quelques mois plus tôt elle se serait contentée de se jeter dans ses bras, ne laissant pas même un centimètre les séparer. A présent elle ne pouvait plus qu’en crever d’envie en le regardant et mesurer l’ampleur du vide qui s’était installé. Plus question pour elle de céder à ses pulsions. Bordel, qu’est-ce qu’elle avait fait pour en arriver là ? Quelque chose de grave sans doute pour que cela mérite un tel châtiment. Et puisque le serpent ne semblait pas pressé de bouger, elle se décida à parcourir les quelques pas la séparant de sa personne avant de lui arracher son livre des mains plus fermement qu’elle ne l’aurait voulu. Tant pis. Après tout, son silence la dispensait de se soucier de ce qu’il pouvait bien penser d’elle. Seul le frisson qui l’avait parcouru lorsque leurs mains s’étaient accidentellement frôlées témoignait de son véritable sentiment. La colère, la rage même. Et puis la tristesse, la déception. La douleur aussi. Tous causés par l’amour à qui elle devait tous ses maux. Que l’on ne vienne même plus lui parler de romantisme, d’histoire à l’eau de rose et autres guimauves ou elle allait se mettre à vomir.

Ses billes parcouraient l’étiquette de l’ouvrage avec un tel acharnement qu’elles semblaient y trouver un intérêt invisible au monde extérieur. Rien de particulier ne s’y trouvait cependant : son nom, écrit à la plume, qu’elle fixait autant pour éviter le regard clair du vert et argent que pour assimiler le fait qu’il ne voulait pas lui parler. Encore une fois sa bêtise avait pris le pas sur son cerveau, réduisant ses espoirs en poussière dans un brutal retour à la réalité. Il l’avait abandonnée, quelle conversation aurait-il été susceptible d’entretenir avec elle ? Strictement aucune. Rangeant finalement l’objet dans son sac comme elle aurait du le faire avant de quitter la classe, elle allait tourner les talons, peu désireuse de s’infliger plus longuement cette douleur, lorsque l’éclat de rire se fit entendre. Hystérique, presque fou. Etait-elle pathétique au point qu’il ne pouvait se retenir de se moquer d’elle avec son rire gras à gorge déployée ? Il fallait croire que oui. Sa raison lui criait de s’éloigner pendant qu’elle en avait encore la force, et son cœur… saignait tellement que si elle l’écoutait elle ne manquerait pas de réitérer la plus grosse connerie de son existence, à savoir se jeter sur lui. Elle avait donc commencé à s’éloigner, bien décidée à gagner la Grande Salle pour le déjeuner – ce bien qu’elle n’aurait sans doute pas pu avaler la moindre bouchée – lorsque la voix masculine retentit à nouveau dans le hall.

Elle s’était préparée à absolument tout. Qu’il se moque d’elle, l’insulte, l’enfonce, la démolisse. Elle était prête. Il le lui avait déjà fait subir, dans une période de sa vie où elle avait été autrement plus vulnérable, qui plus est. Elle avait depuis longtemps arrêté de compter le nombre d’humiliations qu’il lui avait fait subir, le nombre de fois où il avait pris un plaisir sadique à la rabaisser alors qu’elle assistait à la scène en spectatrice passive. C’était désolant, le mal que se donnait le destin à l’empêcher d’être heureuse, à l’emplir de contradictions, d’amour et de haine. Mais elle en avait presque pris l’habitude avec le temps. Il pouvait y aller. Elle était prête à subir ses réflexions sans ciller, ne laissant rien paraître des dommages internes qu’il ne manquait pas de causer sur son passage. Sauf que rien de tout cela n’arriva. C’était pire. Il se foutait d’elle là ou quoi ? Il avait passé un été de merde. Bien. Il voulait un résumé du sien peut-être ? Et cette histoire de lettre c’était quoi ? Son père adoptif ne lui avait transmit aucun courrier pendant deux mois. Elle avait espéré, mais non. Pas la moindre petite lettre à laquelle se raccrocher pendant qu’elle vivait un véritable enfer. Puis au cas où ses paroles ne suffisaient pas prononcées sur un ton égal il avait été obligé de les hurler, attirant l’attention générale. Se retournant, elle posa ses prunelles azur sur le jeune homme, bénissant pour une fois les quelques mètres d’air entre eux deux.

« T’as raison. C’est ça le problème, on ne vit pas dans le même univers. Tu te fous de moi là ? Dis moi que tu te fous de moi. Pour que je te réponde il aurait déjà fallu que je reçoive ne serait-ce qu’une seule de tes vingt-cinq putain de lettres imaginaires. » Qui veut jour à celui qui hurle plus fort que l’autre ? Tout ça n’avait aucun sens, ils n’allaient nulle part. « T’as passé un été de merde ? Super. Je suis vraiment désolée de l’apprendre. Moi j’ai fêté mon dix-septième anniversaire dans un centre pour drogués. Je te raconterai quand t’arrêteras de crier. Ah non, c’est vrai, j’oubliais que t’en as rien à foutre. » Le ton était plus mesuré, reprenant ses teintes froides et indifférentes. Elle ne lui ferait pas en plus le plaisir de faiblir, se briser sous ses yeux sans doute amusés. Le problème, c’est qu’en y regardant bien, il n’avait plus du tout l’air de rire. C’était même tout le contraire. Ce qu’elle entendait là ressemblait au discours qu’elle lui aurait tenu dans un monde parallèle où elle aurait été un tant soit peu pourvue du courage nécessaire. Pour la première fois, elle se prenait à penser que tout n’était qu’un énorme mal entendu, qu’il ne l’avait en vérité pas abandonnée. Mais elle avait déjà tant espéré qu’elle s’en trouvait plus que lasse. Saleté d’espoir.

« Bastian, tu me soules, j'en ai marre de toi et de tes espoirs à la con. » La phrase passait en boucle dans sa tête. Jamais elle n’aurait été capable de le dire. Elle s’y accrochait à ces espoirs, à ces beaux projets qui ne verraient certainement jamais le jour, parce ce n’étaient que des paroles. Et les paroles c’était si facile à balayer apparemment. Elles ne restaient plus que dans les souvenirs. Et des souvenirs elle en avait un paquet. Tous plus douloureux les uns que les autres. Elle pouvait se remémorer chaque instant qu’ils avaient passé ensemble avec exactitude. Les mots, les bruits, les odeurs même. Tout. Elle aurait été capable de se jeter dans ses bras rien que pour la sensation que lui procuraient ses bras autour d’elle ou pour humer son délicieux parfum. A la place, elle employait des efforts inconsidérés pour rester stoïque, faire comprendre à ses pieds qu’il ne devaient bouger sous aucun prétexte. Les regards dans leur direction se faisaient plus insistants. Elle devait sûrement passer pour la méchante sans cœur de l’histoire, mais elle s’en fichait. Il lui avait déjà fait tant de mal qu’elle ne savait plus ce qu’elle devait croire. Ses baisers, ses belles promesses formulées quelques mois plus tôt, le silence dans lequel il l’avait lâchement abandonnée pendant plusieurs mois ou son discours du moment. Amour. Haine. Amour. Putain de cercle vicieux. Et dans deux semaines, hein ? Elle-même se trouvait être suffisamment instable sans les caprices du Serpentard. Elle n’avait vraiment pas besoin de ça. Vraiment pas besoin de lui…

Tout serait tellement plus simple, si c’était vrai. La vérité, c’est qu’elle avait réellement besoin de lui. Il la rendait accro. Et pour cette addiction, aucune désintoxication n’était envisageable. C’était tellement cruel, qu’il ne suffisait pas de quelques mois sans aucun contact pour qu’elle se sente mieux. Elle y était passée pourtant. Contre son gré, mais elle y était passée. Résultat ? Il l’obsédait encore plus qu’avant – si la chose était possible. Son nom était le seul mot que son esprit soit capable de formuler. Son visage venait hanter ses rêves pour peu qu’elle parvienne à s’endormir. Et les souvenirs de leur passé commun se jouaient en boucle dans sa tête à toute heure du jour ou de la nuit. « Putain Nikky, je t'aime moi j'ai rien demandé. Qu'est-ce que j'ai fait ? » Et c’était maintenant qu’il lui avouait ça, des larmes plein les yeux ? Lorsque c’était trop tard et qu’ils avaient déjà tout foutu en l’air ? Elle aurait aimé avoir la force de lui répliquer, qu’elle se fichait pas mal de ses sentiments, qu’elle ne s’était jamais sentie aussi bien que depuis qu’ils s’ignoraient, qu’elle se riait de lui, qu’il était pathétique… Mais la seule personne pathétique dans le lot, c’était elle. A croire qu’elle avait un don pour tomber amoureuse de la personne qui lui faisait le plus de mal. Faute de mieux, elle réduisit les mètres en centimètres jusqu’à se retrouver face à lui, le regard dur hésitant encore entre lui rire au nez et mettre définitivement un terme à leur histoire ou se montrer sincère au risque de le regretter plus tard. Son sac alla rejoindre le sien à terre, s’écrasant dans un bruit sourd. Et puis merde, elle avait l’habitude maintenant. La souffrance, c’était presque devenu sa spécialité.

Prenant Bastian dans ses bras, elle laissa sa tête se loger dans le creux de son épaule. C’était bien. Enfin elle avait l’impression d’avoir trouvé sa place dans le monde. Elle n’aurait su dire combien de temps s’écoula ainsi, sans qu’aucun d’eux n’ose bouger ou prononcer le moindre mot. Lorsqu’elle finit par s’écarter, elle était en larmes elle aussi. Du moins, elle sentait l’humidité sur ses joues mais elle n’y prêta pas la moindre attention, trop occupée à dévisager le jeune homme. Plus aucun masque ne protégeait leurs visages à présent, ils se devaient d’être honnêtes. Face to face. Heart to heart. Ses doigts allèrent délicatement essuyer les gouttes d’eau salées sur le visage masculin, pendant qu’un faible sourire naissait sur ses lèvres. Elle n’était pas très douée pour s’exprimer, parvenant plutôt à générer des catastrophes dignes de conflits mondiaux qu’à arranger la paix dans le monde lorsqu’elle ouvrait la bouche. Mais elle lui devait sans aucun doute des explications. « Je te jure que je ne les ai pas reçues tes lettres. » Elle avait la voix d’un enfant qui tentait de prouver son innocence lorsque personne ne le croyait. « Je… j’ai totalement pété un câble. L’anniversaire de la mort d’Ana… Puis toi… Je pensais que t’en avais fini avec Poudlard, que t’allais m’oublier, me mettre dans le tiroir à vieilleries… » C’était assez stupide, maintenant qu’elle l’avait devant elle. « J’en ai trop pris. Overdose. Mon père adoptif a tout compris… » Sans doute ne savait-il pas qu’elle avait été adoptée, c’était une chose qu’elle ne racontait à personne. Mais tant pis. Elle avait eu besoin de faire la distinction, ce qui était assez bête puisque son père biologique était certainement pire. « Il m’a envoyée là-bas… » Elle pleurait réellement à présent. Sa frêle silhouette était parcourue de tremblements et semblait prête à se briser.

Elle ne tenait debout plus que parce qu’elle s’accrochait à lui. Encore, comme un retour au point de départ. Il était sans doute inutile de lui expliquer l’enfer que cela avait été puisqu’il avait fréquenté les mêmes abysses qu’elle. Pire, il l’avait entraînée dans ces abysses. Et elle lui en voulait encore, avait autant envie de le frapper que de l’embrasser. Mais au final, cela importait peu, puisque la drogue la plus puissante qu’elle connaissait, c’était lui. « Je te déteste toujours, tu sais. Tu n’arriverais même pas à imaginer à quel point. » C’était incroyablement déplacé dans leur position actuelle, après le discours qu’il lui avait tenu. Mais leur relation ne pouvait définitivement pas être normale puisqu’ils n’étaient pas normaux. Il fallait faire avec, continuer d’avancer, se relever si elle chutait. Et tant pis si c’était difficile, c’était le prix à payer. Tout serait sans doute plus accessible avec sa main dans la sienne. Alors, est-ce qu’elle allait oser ? « Mais bordel, je t’aime, Bastian. » Oui, elle osait.

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MessageSujet: Re: NIKKY ♣ Love is a temple, Love is a higher law.   Jeu 25 Aoû - 22:02







Did I disappoint you
Or leave a bad taste in your mouth ?







Il n'avait jamais détesté Nikkylia. Il avait toujours été celui qui était haï, et qui le méritait. Le salaud, celui qui prenait grand plaisir à voir cette pauvre fille paumée descendre de plus en plus profondément dans le trou qu'il lui creusait un peu plus chaque jour. Il se moquait d'elle, lui rappelait combien elle était misérable. Elle n'avait pas besoin de ça. Elle aurait été bien mieux sans lui, sans sa méchanceté, sans toutes ces humiliations quotidiennes. Et puis il avait compris que tout cela était bien plus compliqué qu'il ne l'imaginait. Il avait compris pourquoi il ressentait toujours le besoin de la voir, de lui faire du mal. C'était peut-être sa façon de montrer combien il l'aimait, la seule façon que son inconscient acceptait. L'amour n'était pas un sentiment qu'il pensait un jour ressentir, un sentiment qu'il bannissait. Mais il fallait croire que se barricader était encore moins efficace contre ce fléau, et il avait été touché en plein cœur, ce cœur qu'il s'efforçait de cacher, de protéger. Ce cœur dont il prétendait être fait de pierre.
Il savait ne pas la mériter, ne pas pouvoir un jour lui tenir la main. Il savait qu'elle ne ressentirait jamais d'amour pour lui, mais au moins elle le détestait. Elle le détestait tellement...

C'était comme si l'amour et la haine étaient les deux extrémités d'un cercle. Si lointaines, mais si proches à la fois.
Mais seule Nikky avait eu à faire entre ces deux sentiments, jusqu'à maintenant, jusqu'à cet été mémorable. Il avait apprit lui aussi à la haïr de tout son être. A lui en vouloir, à espérer un jour se réveiller en l'ayant complètement oubliée. Pourtant elle était toujours là, toujours plus ancrée dans son esprit de jour en jour.
Et maintenant ils étaient debout, face à face, les yeux dans les yeux. Luttant contre l'envie de s'entre-tuer et de s'enlacer plus fort que jamais. Criant, hurlant leur rancœur, essayant de comprendre et de trouver une réponse à leur malheur.
Elle avait parlé elle aussi, mais c'était une sorte de dialogue de sourds qu'ils entretenaient. Ils s'entendaient, s'écoutaient, mais le flot de paroles déversées ne semblait pouvoir s'arrêter.


Nikkylia ♣ ...Pour que je te réponde il aurait déjà fallu que je reçoive ne serait-ce qu’une seule de tes vingt-cinq putain de lettres imaginaires... fêté mon dix-septième anniversaire dans un centre pour drogués. Je te raconterai quand t’arrêteras de crier. Ah non, c’est vrai, j’oubliais que t’en as rien à foutre.


C'était le genre de paroles sensées arrêter Bastian de crier, mais dans ce type de disputes ça ne fait que remettre de l'huile sur le feu. Il avait compris, enregistré, mais à cet instant c'était le stade du "c'est moi qui ai le plus souffert entre nous".
Et il avait continué, il été bien lancé. Avait jeté son sac, déclaré son amour désespéré des larmes plein les yeux, et avait attendu en ayant l'impression que son cœur allait exploser.
Ils s'étaient regardés pendant de longues secondes. Le monde s'arrêtait aux yeux de Nikky, à la couleur bleue de ses pupilles. Rien d'autre n'importait, et le silence religieux dans lequel était plongé le hall n'y était pour rien. Une bombe aurait pu exploser à quelques mètres d'eux qu'il n'aurait pas cillé. Le temps semblait s'être arrêté ; il aurait pu lire chaque sentiment que Nikkylia ressentait sur son visage. Les masques étaient tombés, ils avaient fini de faire comme si.
Bastian n'osait espérer, mais il sentait que rien n'avait changé. Elle le regardait avec ce même regard qui l'avait envouté dans la Salle sur Demande quelques mois plus tôt. Un regard plein d'incertitudes, plein de passion. Ou peut-être était-ce juste le reflet de ses yeux dans les siens...
Et elle avait avancé, d'un pas mal assuré, réduisant peu à peu la distance qui les séparait. Il ne put détacher son regard du sien. Il ne fit pas attention au bruit du sac de la Poufsouffle qui tombait à côté du sien, il sentait juste les battements de son cœur et ne voyait qu'elle. Le jeune homme n'avait aucune idée de ce qui l'attendait, et ne se posait même pas la question, son cerveau n'était pas en état de fonctionner normalement.

Alors, pour sa plus grande surprise, elle le serra contre elle et posa sa tête dans le creux de son épaule.
Dans un mouvement naturel, il avait passé ses bras autour d'elle, et sa main gauche vint se poser sur l'arrière de sa tête, caressant ses cheveux. Rien de tout ce qui s'était passé ne prédisait une telle réunion, mais au fond de lui il sentait que c'était la seule issue à toute cette situation. La seule possibilité. L'unique.
Tout semblait parfait. Bastian ne réfléchissait pas, ne pensait pas, ne se posait plus de questions. Il profitait juste de ce moment de calme, appréciant la présence de Nikky sur son torse, même si en lui bouillait toujours ce feu de questions et d'incertitudes. Rien ne l'empêcherait d'être heureux en cet instant, même si cela ne durait pas. Rien.
Au bout de quelques minutes, elle se détacha de lui, les yeux inondés de larmes. Elle le dévisagea, et un faible sourire orna ses lèvres. Bastian cligna des yeux, ébloui par cette vision. Il aimait la voir sourire bien plus que la voir souffrir. N'était-ce pas ce qu'était sensé ressentir un amoureux après tout ?
Il sourit à son tour alors qu'elle essuyait les larmes qui coulaient sur le visage du jeune homme. Elle était belle, imprévisible, adorable. Comment avait-il pu imaginer qu'elle l'avait jeté aux oubliettes ?


Nikkylia ♣ Je te jure que je ne les ai pas reçues tes lettres. Je… j’ai totalement pété un câble. L’anniversaire de la mort d’Ana… Puis toi… Je pensais que t’en avais fini avec Poudlard, que t’allais m’oublier, me mettre dans le tiroir à vieilleries… J’en ai trop pris. Overdose. Mon père adoptif a tout compris…


Elle avait du mal à parler, essayant de refouler un nouveau flot de larmes. Bastian avait l'impression que le monde était en train de mourir. Il voulait la prendre dans ses bras, lui dire que tout ça était fini, que ce n'était rien... Il voulait l'empêcher d'être triste comme ça. Mais elle devait parler, il devait comprendre. Pourquoi n'avait-elle pas reçu ses lettres ?
Pourquoi ne lui avait-il pas dit qu'il serait toujours là pour elle, pourquoi n'avait-il pas remarqué qu'elle était à deux doigts de replonger s'ils étaient séparés ne serait-ce qu'une semaine ? Quel imbécile il faisait.
Wait... Un père adoptif ?


Nikkylia ♣ Il m’a envoyée là-bas…


Elle pleurait à chaudes larmes maintenant, bouleversée par ses souvenirs. Ce n'était pas nécessaire d'expliquer, Bastian imaginait très bien l'enfer qu'elle avait dû vivre. Il frémit, prit la main de Nikky dans la sienne. Pourquoi son... père adoptif ne lui avait-il pas transféré les lettres ? Si seulement elle les avait lues...
Il la serra contre elle, voulant faire cesser ses tremblements, voulant la voir se détendre. Mais il semblait que ce n'était pas possible. C'était l'illustration même de leur relation.


Nikkylia ♣ Je te déteste toujours, tu sais. Tu n’arriverais même pas à imaginer à quel point. Mais bordel, je t’aime, Bastian.


Il baissa la tête, plongeant son regard dans celui de celle qui lui torturait l'esprit. Celle qui hantait ses nuits en rêves. Celle dont le nom et l'image apparaissaient toujours lorsqu'il fermait les yeux.
Celle qu'il aimait avec une telle force, une force sauvage et destructrice. Oubliez les histoires de Princesses et de Princes Charmants, les clichés romantiques.
Et pourtant, il ne put s'empêcher d'approcher son visage de celui de Nikky, cédant à la tentation de ses lèvres envoûtantes. Il l'embrassa sans crier gare, et ferma les yeux, goûtant à nouveau à ses délices. Cela faisait si longtemps. C'était comme une nouvelle première fois, il redécouvrait tout un tas d'émotions.
Il ne savait pas ce qu'il se passait autour d'eux, mais il avait l'impression qu'une foule de gens l'applaudissait. Il avait l'impression d'être en haut du plus au sommet de la plus haute montagne du monde. Que toutes guerres n'existaient pas, que tout le gris du monde s'était effacé ; que les fleurs poussaient à la place des murs, que la vie était belle et que le soleil brillerait éternellement. Qu'il pouvait mourir de bonheur.
Leurs corps étaient si près l'un de l'autre. Bastian sentait une chaleur folle monter en lui. Elle le rendait fou, dingue. Chaque baiser qu'ils échangeaient était toujours un moment incroyable, mais celui-ci était tellement mieux. Tellement plus fort, tellement plus intense.
Il voulait encore lui poser plein de questions, mais cela attendrait. Un moment pareil ne pouvait être brisé ; en tout cas Bastian ne l'aurait pas fait pour tout l'or du monde.





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Dernière édition par Bastian L. Krüger le Sam 29 Oct - 17:53, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: NIKKY ♣ Love is a temple, Love is a higher law.   Dim 28 Aoû - 19:26




i hate everything about you.
why do i love you ?


Elle avait toujours détesté Bastian. Du plus loin dont elle se souvienne. Depuis leur première réelle rencontre. Elle se remémorait parfaitement la petite fille aux cheveux blonds en bataille, du mascara qui avait coulé plein le visage, avec ses habits sans doute aussi débraillés que dépareillés. Elle trainait seule. Les autres la montraient du doigt, se moquaient d’elle, ou se contentaient simplement de l’éviter. Mais la vérité, c’est qu’elle se fichait pas mal de tout cela, d’eux, de ce qu’ils faisaient ou pensaient. Elle ne s’inquiétait pas de ce qu’il pouvait lui arriver. Elle ne s’intéressait plus à rien, même pas à sa propre et misérable personne. Elle aurait du. Si elle l’avait fait, sans doute n’en serait-elle pas là ; mais aimerait-elle seulement être ailleurs ? Il était arrivé. Elle l’avait laissé entrer dans sa vie, faisant naïvement confiance à ce serpent peu fréquentable lorsqu’elle rejetait toute compagnie d’amis de longue date. Sûrement puisque, contrairement à ce qu’il en est avec des êtres proches, elle n’avait, avec lui, pas la crainte de le décevoir. Elle n’était qu’un passe-temps, la pauvre fille paumée qu’on ne se lasse pas de rabaisser, d’humilier, de traîner dans la boue. Et ça lui allait, tant qu’il lui laissait ses doses, la laissait planer plus haut que ses problèmes, quelque part où elle avait l’impression de se sentir bien. L’impression seulement. Ne dit-on pas des apparences qu’elles sont souvent trompeuses ? La réalité était toute autre, bien moins belle. Elle le haïssait, de tout son être, de toute son âme. Pour tout ce qu’il lui faisait. Et pour la manière dont il faisait battre son cœur, en accélérant le rythme à un point que celui-ci semblait vouloir se dégager de sa cage thoracique.

Elle le haïssait certes. Mais autant qu’elle l’avait haï, elle l’avait aimé. En prendre conscience l’avait conduite à le haïr encore plus fort ; et plus elle le haïssait, plus il venait hanter son esprit. Elle s’était créé sa propre prison, s’enfonçant en plus de ces abysses dans un cercle vicieux dont la seule issue pour elle était la souffrance. Quoi qu’elle fasse, quoi qu’elle décide, quoi qu’elle ressente. Il n’y avait qu’un pas entre l’amour et la haine, non ? Elle avait un pied dans l’un, le deuxième dans l’autre. Avancer ou reculer, telle était la question. Mais les limites étaient tellement floues qu’elle ne savait plus où aller. Faute de mieux, elle restait immobile et cela lui semblait être un compromis acceptable face au doute et à l’hésitation, puisque, de toute manière, elle savait que lui ne ressentait qu’un seul de ces deux sentiments à son égard. Elle avait simplement fait une erreur d’estimation. Comment savoir que son visage de marbre, son sourire cruel et ses paroles humiliantes étaient animés par une flamme bien plus dévastatrice que celle de la haine ? Impossible. Elle ne l’aurait même jamais su, sans cette soirée dans la Salle sur Demande qui avait marqué le début ou la fin de tout. Parfois, elle se prenait à espérer que cette journée n’était jamais arrivée, qu’elle allait se réveiller sans penser à lui, passer sa journée sans penser à lui, se coucher sans penser à lui, dormir sans penser à lui. L’oublier, tout simplement. La mémoire est une chose bien ingrate, et sélective. Elle vous jouera des tours, vous fera défaut, mais ne vous rendra jamais le moindre service. Les souvenirs étaient restés. Ils avaient perdu de leur couleur, de leur réalité, mais étaient toujours présents. Et c’était bien pire. Lui faisait comme s’ils n’avaient jamais existé, alors qu’elle était condamnée à vivre avec. C’était pire que de le perdre, le perdre à moitié.

Trois semaines que cela durait. Qu’elle le voyait agir comme avant qu’elle ne fasse partie de sa vie. Il reconquérait des sommets portant déjà son nom sans un regard sur sa personne, lorsqu’elle s’enfonçait à nouveau en l’observant à distance. Mais elle n’avait pas replongé, se tenant à distance respectable de ce gouffre sans fond. L’expérience d’un été lui aura au moins servi à ne pas commettre à nouveau cette erreur. Erreur qu’elle lui devait. Il lui avait fallu s’en convaincre pour se forcer peu à peu à se détacher de lui, ne plus le regarder dans la Grande Salle, ne plus écrire son prénom sur ses morceaux de parchemin en cours. Il ne l’avait pas abandonnée cet été d’après ses dires, mais n’avait rien tenté une fois la rentrée arrivée. Que voulait-elle de plus ? Il ne méritait que sa haine. Elle l’aimait pourtant tellement… Jamais elle ne s’était considérée être digne de lui. Et malgré les données neuves de l’équation, cette pensée n’avait pas changé, et elle l’avait retenue d’aller le trouver et lui parler en quête de renseignements. Elle ne le méritait simplement pas. C’était sa manière de fonctionner après tout : sortir avec une fille avant de lâchement la laisser tomber. Elle avait été naïve de croire qu’elle faisait figure d’exception. Lui-même était fier de clamer qu’il possédait un cœur fait de pierre. Et pourtant, il lui avait semblé d’une toute autre matière pendant les quelques mois qu’ils avaient passés ensemble. Il lui avait semblé si sincère… ou très bon comédien.

Et ils étaient là à présent, recommençant cette même histoire ou en inventant une nouvelle basée sur des paroles qu’elle aimerait croire sincères. Ses bras entouraient son corps, lui procurant une agréable chaleur et rendant l’ensemble de la situation réel. C’était à la fois nouveau et familier. Elle lui avait déjà tenu ce genre de discours, de la manière la moins intentionnelle qui soit ; leur histoire avait commencé par un foutu lapsus. A présent, elle ne pouvait être plus sincère lorsqu’elle ouvrait la bouche, et le visage de son compagnon la poussait à penser qu’il en était de même de son côté. La suite, elle ne la connaissait que trop bien pour l’avoir déjà provoquée. Elle ne voulait pas reproduire le même schéma, cette fois. S’écartant légèrement du jeune homme, elle ne s’attendait pas à sentir les doigts masculins glisser entre les siens, scellant ainsi deux mains qui n’auraient jamais du être séparées. Elle sentit son regard sur elle avant de le voir. L’instinct. Elle releva alors la tête, posant ses prunelles claires dans celles d’un bleu si profond qu’elle s’y noierait presque, celles qu’elle reconnaîtrait entre mille autres pour les voir tous les jours, les imaginer dans sa tête, dans ses rêves, dans ses cauchemars même. Elle pouvait y lire chaque émotion, chaque sentiment ressenti par leur propriétaire. Et pourtant rien n’aurait pu la préparer à ce qui allait se produire ensuite. Pas même ses souvenirs, surtout pas ses souvenirs.

Le visage de Bastian, se trouvant déjà à une proximité dangereuse du sien, brava les derniers centimètres. Il l’embrassa, sans prévenir, fermant les yeux lorsqu’elle les gardait bien ouverts. Son premier réflexe fut d’appuyer sur son torse de sa main libre, dans une vaine tentative de le repousser. Qu’est-ce qui clochait chez elle ? Elle avait imaginé, rêvé ce moment depuis si longtemps qu’elle avait perdu tout espoir de le voir se réaliser un jour. Et voilà qu’à présent, ses lèvres contre les siennes, ses bras autour de sa taille, surpassaient le plus fou de ses fantasmes. La dernière fois qu’il l’avait embrassée de cette manière remontait à… Non. Il ne l’avait jamais embrassée comme cela. Avec autant de sincérité et de passion. Elle ne se souciait que très peu des autres élèves dans le couloir un peu plus tôt, présentement, elle les avait complètement oubliés. Le reste du monde avait cessé d’exister – pour peu qu’il ait existé un jour, elle ne savait plus, elle s’en fichait. Ne restaient plus qu’eux deux, Bastian et Nikkylia, Nikkylia et Bastian. Et cela lui suffisait, amplement. Sa main alla trouver sa place sur le cou du vert et argent et ses paupières se fermèrent tandis qu’elle lui rendit son baiser. Ils en avaient échangé un nombre important, et tous avaient été spéciaux, particuliers ; mais celui-ci était différent, nouveau. Meilleur. Pire. Dans tous les cas, à leur image. Elle était bien, là. Heureuse, pour la première fois depuis longtemps. C’était un peu comme le bouquet final haut en couleur d’un feu d’artifices. Elle sentait les explosions dans son estomac, l’euphorie dans son cerveau, les battements dans son cœur, les applaudissements autour. Et puis le noir total. Elle n’aurait brisé cet instant pour rien au monde, mais les meilleures choses ont une fin. Même ces moments intemporels dont on croit qu’ils dureront toujours. Surtout ceux-là, en vérité.

Reprenant son souffle, son visage s’écarta du sien. L’atterrissage était dur, brutal, comme souvent, elle avait l’impression d’avoir changé de dimension. Le monde extérieur n’existait toujours pas, ils étaient seuls. Mais lorsqu’elle rouvrit les yeux sur le visage du jeune homme trempé des larmes qu’elle avait versées quelques minutes auparavant, tout revint à sa mémoire. Plus seulement le bonheur de l’instant qu’ils venaient de partager. Le doute, les interrogations, la souffrance. La haine. Il n’avait pas le droit, c’était aussi simple que cela. Qui était-il pour se permettre de se jouer ainsi d’elle ? L’enfoncer. La déterrer. La couler. La faire voler. Son corps était las, fatigué, usé de toutes ces chutes. Ne s’en rendait-il pas compte ? Ne comprenait-il pas que ses actes passés étaient impardonnables ? Pourquoi la solution à son bonheur se trouvait-elle dans la souffrance ? Pourquoi ? Qu’avait-elle fait pour mériter tel châtiment ? Elle s’accrochait désespérément à lui, grisée par la sensation que lui procurait son corps contre le sien, alors qu’intérieurement, son cœur s’en trouvait être lacéré de toutes parts. Ils étaient condamnés. Elle était condamnée. A la haine. A l’amour. Tout cela pour la même personne. Ils avaient parcouru tellement de chemin ensemble. Que cela soit main dans la main ou dos à dos. Et pourtant, elle avait l’impression d’en être au même point que ce soir où, à terre contre l’un des murs de la Salle sur Demande, ils s’étaient trouvés dans les bras l’un de l’autre pour la première fois. Le coup était parti tout seul. Son poing crispé par la nervosité s’était enfoncé dans l’estomac de Bastian. Faible comme elle l’était il n’avait sans doute pas eu mal… physiquement. Mais le geste était symbolique. Après tout, elle l’avait prévenu. Elle le détestait encore. Et malgré les efforts qu’elle déployait pour enfouir ce sentiment sous des couches d’autres plus positifs, elle n’avait su contrôler cette malheureuse pulsion.

« Je… Je suis désolée. » Merde. Pourquoi même lorsque tout allait bien elle ne pouvait s’empêcher de foutre leur relation en l’air ? Elle n’aimait quand même pas souffrir à ce point, si ? Non. Ses billes s’humidifiaient à nouveau, laissant échapper quelques larmes sans qu’elle n’ait le temps de les retenir. Elle ne les aurait pas retenues, de toute manières, trop occupée comme elle l’était à scruter le visage du serpent à l’affut de la moindre émotion apparente. « Je te jure que je ne voulais pas… » Et pourtant tu l’as fait. Tu l’as frappé. L’ironie dans tout cela, c’est que, dans un sens, elle se sentait mieux à présent. Libérée d’un poids non négligeable qui lui oppressait précédemment les épaules. Au fond c’était un mal inoffensif en comparaison de tout ce qu’il lui avait fait subir. Peut-être qu’il ne l’admettrait pas, mais il le savait. Il ne pouvait pas l’ignorer, le nier. Elle avait beau se sentir coupable, nul doute que si elle pouvait remonter le temps de quelques secondes, elle agirait exactement de la même manière, ne prenant pas la peine de se contenir. Cela ne l’empêcha pas de se hisser à sa hauteur, déposant un léger baiser sur ses lèvres. En toute innocence. Posant simplement ses lèvres contre les siennes avant de s’écarter à nouveau, l’esquisse d’un sourire d’excuse peinte sur le visage. Elle était sincère lorsqu’elle s’excusait. Elle ne regrettait pas, mais elle en était désolée. « On a sûrement pleins de choses à rattraper… seuls. » Sa voix était presque inaudible à présent. Le reste du hall avait refait surface. Ils leurs avaient offert du beau spectacle, à présent, il devaient penser à eux. « Je t’aime, Bastian, vraiment. Je voudrais le faire de manière plus….normale. Mais je n’y arrive pas. » Cela, nul doute qu’il ne l’avait pas remarqué…

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 Bastian L. Krüger
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MessageSujet: Re: NIKKY ♣ Love is a temple, Love is a higher law.   Mer 2 Nov - 18:57







Did I disappoint you
Or leave a bad taste in your mouth ?






Un moment pareil ne pouvait être brisé ; oui mais voilà, comme on dit, toutes les bonnes choses ont une fin.
Et si Bastian n'aurait pu mettre un terme à ce baiser, c'était donc à Nikkylia de le faire à moins de rester collés ainsi pour le reste de leur vie, ce qui aurait été bien peu pratique.

Le visage de Nikky s'écarta doucement du sien. Elle reprit son souffle, et doucement leva ses beaux yeux pour les plonger dans ceux d'un Bastian médusé, transporté. Oui, il était heureux à ce moment précis. Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas été si bien. Non, il n'avait jamais ressenti cela : ce sentiment que tout est fini, que tout est comme il voudrait que cela soit. Que plus jamais les nuages ne viendraient couvrir le soleil. Que tout était à sa place, et que rien ne redeviendrait chaotique. Ils avaient fait une erreur, ils avaient tout foiré. Maintenant qu'ils étaient réunis, ils feraient attention. Ils ne pourraient pas répéter cette erreur. C'est à ça que sert l'expérience n'est-ce pas ? En tout cas il l'espérait. Il faisait le vœu que leur relation redeviendrait cette courte idylle qu'ils avaient vécu en fin d'année scolaire. Et que cela dure jusqu'à ce que la mort les sépare.
Oh oui c'était ce qu'il voulait, c'était ce qu'il souhaitait de tout son cœur à cet instant. On dit que les serpents ont le sang froid, mais ils ont tout de même un cœur. Un cœur capable d'aimer, un cœur vulnérable, un cœur capable de toutes les folies.

Bastian se laissait dériver dans l'océan des prunelles de Nikkylia, se laissait emporter par la houle du bonheur. Qu'elle était belle, qu'elle était enivrante. Comment avait-il pu douter d'elle ? Elle était sienne, elle l'aimait. Il pouvait le voir dans ce regard chaud, ce regard humide, plein de passion et d'étincelles. Bien sûr. C'était clair.
Mais soudain, son regard changea. De chaud, il devint froid. De doux, il devint dur. Comme si soudain elle se souvenait, comme si cette traîtresse de mémoire venait la harceler. Comme si elle décidait de finalement changer d'avis.
Bastian fronça les sourcils, soudain bien moins joyeux. Elle le regarda d'un air qu'il lui connaissait bien. C'était le deuxième regard qui lui était destiné. Celui du côté obscur, celui de la haine. Ha oui, il avait appris à le côtoyer celui là.
Bastian ne comprenait pas ; elle recommençait à trembler légèrement, comme si la colère et la peur refaisaient surface. Il posa ses mains sur le haut de ses bras, délicatement, ne voulant pas la brusquer. Il ne comprenait pas, bordel.
Et puis tout à coup, sorti de nulle part, il sentit comme un coup de poing le frapper au niveau du ventre. Un coup peu violent, très peu douloureux, mais surprenant. Il baissa les yeux, et non, il n'avait pas rêvé par Merlin. Nikky l'avait frappé. Il ferma les yeux, soudain très fatigué, et retint un soupir qui aurait été long et tout à fait témoin de son désespoir passager.
Qu'est-ce que c'est encore que ça... je vous jure, les femmes...


Nikkylia ♣ Je… Je suis désolée.


La voix de Nikky tremblait. Il rouvrit lentement les yeux et la regarda. Elle avait de nouveau cet air fragile, misérable. Comme une feuille si légère et si faible qu'il suffirait d'un petit coup de vent pour la faire tomber. Un petit coup de plus pour qu'elle ne sombre.
Cela lui brisait le cœur de la voir comme ça, et il savait depuis toujours que c'était en grande partie sa faute. Mais il était lâche, et refusait de faire face à cette réalité. Après tout, elle l'aimait aussi, non ? Il la rendait heureuse aussi, n'est-ce pas ? Et puis... ils avaient tout les deux eu tort cet été, non ?
Il serra les mâchoires, agacé. Agacé par son propre comportement, par ses actes passés. Par ce plaisir qu'il avait eu à la torturer sans vraiment savoir pourquoi, poussé par une passion destructrice. Agacé aussi par ce coup et le visage de Nikkylia. C'était son œuvre. Ce faible coup de poing montrait ce à quoi il l'avait réduite. Une jeune femme détruite, incapable de lui faire mal. En tout cas c'était sûrement ce qu'elle devait penser. Car il avait mal, oh oui. Elle lui avait fait mal, elle lui faisait toujours mal.


Nikkylia ♣ Je te jure que je ne voulais pas…

Bastian ♣ C'est rien, c'est rien. Je crois que... que je l'ai méritée celle là.


Il parvint à esquisser un sourire, voulant la rassurer. Il ne lui en tenait pas compte, après tout, il l'avait vraiment méritée. C'était comme... un ultime appel au secours. Une tentative pour lui faire comprendre que c'en était trop, qu'elle était à la limite de tomber dans le ravin. Et il ne pouvait plus fuir maintenant, s'il voulait que son vœu se réalise, il fallait qu'il y mette du sien. Après tout, elle était ce qu'il avait de plus cher.
Nikky sourit faiblement, et son cœur se réchauffa. Peut-être était-ce ce qu'il leur fallait. Une vraie dispute, tout mettre à plat. Il lui fallait une claque, une grande claque dans la tronche.
Elle déposa un baiser sur ses lèvres.


Nikkylia ♣ On a sûrement pleins de choses à rattraper… seuls. Je t’aime, Bastian, vraiment. Je voudrais le faire de manière plus….normale. Mais je n’y arrive pas.


Il se prit à sourire à cette phrase. Le faire de manière plus normale... Cela sonnait comme une parfaite représentation de leur relation. Rien n'était normal, tout était amplifié, exagéré. Étrange. Mais ce n'était rien, ils allaient tout reconstruire. Ensemble.
Bastian ramassa le sac de Nikky, puis le sien, qu'il balança sur son épaule. Puis il plongea son regard dans celui de sa belle, et sourit amoureusement. Le serpentard prit la main de la poufsouffle, et tout comme elle, parla d'une voix basse.


Bastian ♣ Je t'aime plus que tout Nikky. Et rien de ce que tu ne peux faire n'y changera quelque chose.


Il eut un regard un brin amusé pour les spectateurs qui attendaient avec patience et intérêt le dénouement de cette scène peu commune, dont ils parleraient souvent pendant quelques temps. Puis il s'avança vers les escaliers, emmenant avec lui Nikkylia.


Bastian ♣ Tu as raison, partons. Et pas dans la Salle sur Demande.


Il lui lança un regard entendu, eut un petit rire et commença à monter les escaliers avec elle. Il l'attira vers lui et la prit dans ses bras, tout en continuant de monter.


Bastian ♣ Alors meine Liebe, où veux-tu aller ?




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 Nikkylia S. Vodianova
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MessageSujet: Re: NIKKY ♣ Love is a temple, Love is a higher law.   Dim 4 Mar - 17:50




no one's gonna love you more than i do.


C’était quoi la norme ? Et qu’est-ce que cela signifiait, être normal ? On vous range dans une case répondant à des critères particuliers afin que l’humanité soit la copie conforme de ce que l’on juge être le modèle idéal ? Et les marginaux ne parvenant pas à s’y conformer étaient contraints à passer le reste de leur vie en étant pointés du doigt, comme s’ils avaient le mot « bizarre » marqué au marqueur indélébile noir sur le front ? La norme, c’est utopique, et irréaliste. En somme, ça n’existe pas la normalité. Rien que ce mot, il est pas normal. Normalité. Du moins, c’est le genre de réflexion que l’on peut se faire lorsque l’on s’appelle Nikkylia. Elle n’entrait définitivement pas dans la norme. Et n’y entrerait jamais. Son existence était une particularité et elle aurait pu constituer à elle seule l’une des plus grandes énigmes de l’univers. Elle aurait pu. Mais les énigmes sont créées pour que l’on puisse les résoudre. Et personne ne parviendrait jamais à la comprendre, la Poufsouffle. Elle même n’y parvenant pas, elle déconseillait fortement les autres d’essayer. L’ennui, c’est que parfois, certaines personnes passaient outre et voulaient tenter leur chance. C’était le cas de Bastian. Après l’avoir trainée dans la boue, il avait voulu la comprendre, il avait voulu l’aimer. Et elle le haïssait pour cela. Elle aurait préféré qu’il la laisse pourrir seule dans son coin, qu’il la laisse profiter d’une descente aux enfers sereine, paisible. Au lieu de quoi, elle était fatiguée de chuter, de se relever, avant de finir la tête dans l’eau et de se noyer complètement parce qu’elle n’avait pas correctement appris à nager. Elle n’était pas forte, ni même courageuse. Le Choixpeau ne l’avait pas envoyée chez les blaireaux pour rien. Elle était faible, fragile, sensible, mais au delà de cela, elle était fidèle, et loyale. Tellement qu’il lui était à présent impossible de se détacher de lui. Quoiqu’il fasse, ses actes auront une répercussion sur elle, ses sentiments, sa vie. Toujours. Et elle le haïssait. Elle le haïssait parce qu’il l’aimait. Et elle le haïssait parce qu’il la faisait l’aimer. C’était la première fois qu’elle parvenait à démêler ce sentiment. A mettre un « parce que » entre la haine et l’amour. A comprendre le pourquoi du comment. Mais elle ne se sentait pas mieux pour autant.

Bastian avait un don. Le don de lui compliquer l’existence, même inconsciemment. Même lorsqu’il essayait de se montrer diplomate, il l’agaçait. Ses paroles actuelles étaient d’une niaiserie qui la rendaient malade. Et pourtant elle aimait les entendre. Il lui donnait raison, cherchait à éviter les disputes. Elle aurait du s’en satisfaire, s’en réjouir, en conclure qu’il tenait à elle, qu’il ne voulait pas la perdre. Mais tout ce qu’elle y voyait, c’était de la lâcheté, un manque de courage, une incapacité à assumer son opinion. Elle n’était rien sans lui, et pourtant elle ne pouvait s’empêcher de le provoquer lorsqu’il était là. C’était une passion destructrice qui la poussait à vouloir le faire souffrir autant qu’elle avait souffert. C’était idiot, d’autant plus qu’en agissant de la sorte, elle se trouvait être un dommage collatéral. Elle souffrait à le voir souffrir tout en ayant provoqué sa souffrance. Allez chercher la logique, il n’y en avait pas. Après tout, elle n’était pas normale puisqu’elle n’entrait pas dans la norme, et qu’elle n’y entrerait jamais. Elle l’observa ramasser leurs deux sacs, aurait voulu reprendre le sien, mais même cela elle n’en avait plus la force. Son corps était usé par tous les mauvais traitements qu’elle pouvait lui faire subir et elle se sentait encore trembler à cause du trop plein d’émotions qui venait de l’envahir. Elle était pathétique, elle s’en rendait bien compte, mais cela, elle s’en fichait presque. Ce qui lui faisait mal, c’était de penser que c’était lui qui l’avait réduite à cela, que c’était lui et seulement lui qui parvenait à la briser aussi facilement que ces poupées de porcelaine qui avaient fait partie de son enfance russe et qui l’avaient toujours effrayée. Au fond, c’était presque comme si elle s’y était toujours identifiée, ça fout les jetons.

Ses yeux étant incapables de soutenir le regard amoureux qu’il portait sur elle, ils allèrent se poser sur leurs mains que le jeune homme venait de lier. La sensation de ce contact si familier et étranger à la foi la fit frissonner. Elle resserra ses doigts sur ceux du jeune homme avec toute la force qui lui restait, autant parce qu’elle avait peur qu’il ne la lâche que parce qu’elle risquait de lui faire mal en lui coupant la circulation. A cet instant précis, elle ne méritait sans doute pas tout l’amour qu’il lui démontrait. Ce sentiment s’insinua encore plus profondément en elle à mesure qu’il parlait, murmurant presque ses paroles à son oreille. Sa déclaration l’émut autant que le « Nikky » dont il venait de l’affubler. Cela n’avait rien d’extraordinaire en soi puisque ce surnom était presque devenu un prénom officiel au fil des ans. Mais c’était la première fois qu’elle l’entendait à nouveau dans sa bouche autrement qu’en lui criant dessus et en le ponctuant d’un putain. Et ce n’était pas anodin. Il avait une manière particulière de prononcer ce simple mot, son nom. Une manière qui lui était propre, à lui seulement, et que personne ne saurait imiter puisque personne ne l’aimerait jamais comme lui. Et c’était réciproque. Personne ne pourrait jamais aimer le serpent comme elle le faisait, et elle s’en désolait pour lui. Parmi toutes les filles de Poudlard, il avait fallu qu’il la choisisse elle. Ce n’était sans doute pas le choix le plus saint qu’il aurait pu faire. C’était même le plus toxique. Mais pouvait-on vraiment parler de choix ? Cela leur était tombé dessus sans qu’ils n’arrivent à lutter. Alors ils avaient continué à se détruire, mais ils se détruisaient ensemble. Et ça lui convenait pour l’instant. Un jour peut-être sauraient-ils dépasser cela. Il y a des blessures que seul le temps peut apaiser et elle espérait bien que sa main serait toujours dans la sienne lorsque les siennes auront cicatriser. Si tant est que le miracle ne se produise, et elle ne pouvait s’empêcher de conserver une lueur d’espoir à ce sujet. Autrement, autant sauter de la tour d’astronomie.

Un sourire étira ses lèvres. Elle ne savait pas si elle devait l’associer aux paroles du Serpentard, aux visages impatients des élèves qui trainaient toujours dans le hall et qui risquaient de partir frustrés, ou simplement à son état de bienêtre passager. Dans tous les cas, le résultat était le même : son visage s’illuminait, effaçant presque la fatigue de ses traits. Elle laissa Bastian l’attirer dans ses bras à mesure qu’ils gravissaient les escaliers du château. La question du vert et argent ne trouva d’écho que dans le silence. Aucun mot ne parvenait à franchir les lèvres de la demoiselle, et elle n’aurait pas eu de réponse à lui donner. Ses pas la guidaient hasardeusement, à travers les étages, les ailes, les escaliers, sans aucun but évident. Pourtant lorsqu’elle finit par s’arrêter, sa destination la frappa comme une évidence. Le mur qu’elle fixait était tout aussi vide que son regard. Elle connaissait le rituel par cœur à présent, passer trois fois devant le mur en pensant à ce que l’on voulait trouver derrière. Mais cette fois-ci, lorsque la porte apparut, elle n’avait pas l’impression d’avoir réfléchi. C’était presque devenu instinctif à force. Ses yeux allèrent trouver ceux de Bastian. Pour la première fois depuis qu’ils s’étaient retrouvé, son visage ne cachait aucun masque. Son regard brillait d’une foule d’émotions aussi contradictoires que naturelles. La peur. La confiance. La tristesse de mauvais souvenirs. Le bonheur d’autre meilleurs. La peine. La joie. La haine. L’amour. Elle ne lui cachait rien à cet instant et ne chercha même pas à camoufler les tremblements dans sa voix lorsqu’elle prit finalement la parole. « - C’est important pour moi. Je sais que tu ne comprends pas, que tu ne veux sans doute pas comprendre. Mais j’en ai besoin. » On faisait difficilement pire en matière d’explication. A vrai dire, elle même avait du mal à comprendre. Mais elle savait. Elle savait qu’elle devait venir ici, avec lui. Sa main droite s’approchait lentement de la poignée tandis que la gauche continuait de broyer les os du jeune homme. Elle avança lentement, sembla hésiter sur le seuil avant de finalement entrer dans la pièce. Une bouffée de panique l’envahit lorsque la porte se referma sur eux. Elle se sentait opprimée, enfermée ici en compagnie de tous ses démons. A commencer par celui dont elle tenait toujours le bras.

Le décor n’avait pas changé. La même ambiance lugubre régnait toujours à l’intérieur de la Salle Sur Demande. C’était toujours comme cela qu’elle lui apparaissait. Froide, grande pleine d’objets divers et de souvenirs de débauche. Tout était lugubre dans cet endroit, jusqu’à la pesante odeur de renfermé qui lui donnait presque la migraine. Sa mémoire était assaillie de souvenirs qui lui revenaient par flashs. Des éclairs de lumière ou d’obscurité. D’obscurité majoritairement. Elle se revoyait brisée, écorchée, désespérée, tombant au fond des abysses sans fond qu’il lui avait fait découvrir. Elle pouvait se revoir prendre ses doses de toutes les manières possibles et imaginables. Une dose pour toucher l’inconnu. Une dose pour s’oublier. Une dose pour retrouver l’effet de la première fois. Une dose pour… C’était sa devise à l’époque, son excuse. Et puis elle avait arrêté de les compter parce que cela ne servait à rien. Elle avait arrêté de se rendre des comptes à elle-même et personne d’autre n’était là pour en réclamer. Elle était seule, toujours. Dans tous ses souvenirs, sauf un. « -Tu te souviens ? » Question idiote, comment aurait-il pu oublier ? « - Parfois je me dis que tu n’aurais jamais du franchir cette porte ce soir là… » Et c’était vrai. Elle se disait aussi qu’elle n’aurait pas du lui montrer sa faiblesse, qu’elle n’aurait pas du s’effondrer dans ses bras, encore moins l’embrasser, mais… elle n’aurait rien fait de tout cela s’il n’était pas entré. Ouais, c’était plus facile de voir les choses sous cet angle. Et elle aimait assez les solutions de facilité. « - J’aurais continué à me détruire toute seule. Sans doute qu’un jour ça aurait été de trop. J’aurais crevé, ça aurait pas été grave, j’aurais manqué à personne. Ou peut-être qu’on aurait pu m’aider, que je m’en serais sortie, que j’aurais été heureuse à nouveau en me raccrochant à mes derniers amis… fréquentables. » Elle ne put retenir un petit sourire lorsque l’image de Lukas s’imposa à elle pour cette catégorie. Elle lui devait beaucoup à lui, il avait toujours été là, ne l’avait pas abandonnée. Jamais. Peut-être que cela aurait été suffisant pour l’aider. Peut-être que son futur n’aurait pas été si noir. Peut-être qu’elle aurait pu avoir à nouveau la moyenne dans toutes les matières. Peut-être qu’après elle aurait pu devenir Auror. Peut-être qu’elle aurait continué à vivre comme Ana l’aurait voulu. C’est fou comme avec des « peut-être » on parvenait à reformer le monde.

« - Mais l’ennui, c’est que t’es apparu. Tu t’es fait une place dans ma vie, et maintenant… maintenant je peux plus vivre sans toi, Bastian. Je peux plus. » Elle avait essayé et on voyait bien le résultat, il ne pouvait pas la contredire. Il lui faisait du mal lorsqu’il était avec elle, mais il lui en faisait encore plus lorsqu’il était loin. Il était devenu trop proche pour qu’elle puisse s’en séparer. Avant, elle aurait pu. Mais c’était avant. « - Je me suis jamais attachée à personne de cette manière. Ca me fout la trouille, tu peux pas imaginer. Je me disais que si j’arrêtais de m’attacher, j’arrêterais de souffrir lorsque les gens partiraient. Et toi tu débarques d’un seul coup, tu me fous en vrac sans me demander mon avis. Et puis un jour t’es parti, comme les autres. Et moi j’ai failli en crever. Je sais pas si tu te rends bien compte de l’effet que tu peux avoir sur moi. » Elle n’avait jamais été aussi sincère ou passionnée. Sa voix avait même cessé de trembler à mesure qu’elle s’exprimait. Le flot de ses paroles coulait sans jamais se tarir. Elle ne réfléchissait même plus, les mots sortaient et elle les entendait comme si ce n’était pas elle qui les prononçait. Dans un sens, c’était vrai, ce n’était pas son cerveau qui commandait ses actes pour une fois. C’était son cœur. Sa conduite était directement dictée par ses sentiments. Sentiments qu’elle parvenait à comprendre pour la première fois. Mais cela ne l’aidait pas à se sentir mieux. « - T’as plus droit de partir, maintenant. Jamais et sous aucun prétexte. Tu m’entends ? » Elle se surprenait elle-même par la dureté et l’autorité de ses paroles. Jamais elle n’aurait pensé posséder la force nécessaire au discours qu’elle venait de lui tenir.

Il ne lui restait qu’une seule chose à faire. Elle ne savait pas pourquoi elle agissait de la sorte, elle agissait, c’est tout. Elle récupéra son sac et en ressortit un sachet transparent rempli de pilules à l’allure de simples médicaments inoffensifs. Celles-ci cependant, créaient bien plus de mal qu’elles ne pouvaient en guérir, bien que la naïve les avait longtemps utilisées contre ses peines de cœur. Elles étaient restées à leur place tout ce temps. Elle avait lutté pendant ces quelques semaines qui la séparaient de la rentrée. Souvent la tentation s’était faite grande. S’oublier, c’était tout ce qu’elle avait désiré. Ne plus penser à lui ou aux quelques souvenirs qu’ils avaient partagés, à cette courte idylle qu’ils avaient vécue et qui ne semblait alors plus être d’actualité. Mais elle avait résisté. Et sans savoir pourquoi, elle ressortait cela devant Bastian, devant celui qui lui avait procuré les premières. Le plastique était dans un sale état après tous les mauvais traitements qu’il avait subi – le dernier en date étant d’avoir été jeté au fond d’un sac qu’elle n’ouvrait jamais – mais on le reconnaissait aisément. Il le reconnaitrait aisément. Nikkylia plongea son regard dans celui du blond, ne sachant pas exactement ce qu’elle désirait y trouver. Elle tentait de décrypter des émotions, ses sentiments, sans réellement y parvenir. Elle était trop tremblante pour cela. Elle avait juste voulu se séparer de son cauchemar, prendre le sachet et le jeter au loin parmi l’amoncèlement d’autre bizarreries que constituait la salle, mais son bras était paralysé, comme incapable de le laisser s’en aller. Elle était vide, presque incapable de se tenir debout tant le poids de ses émotions, de la pression et des efforts qu’elle venait de fournir l’oppressait. Elle sentit le sol avant de prendre conscience qu’elle était en train de s’écrouler. Adossée contre le mur, elle avait l’impression de revivre, à quelques détails près, cette soirée qu’elle souhaitait effacer de sa mémoire. Cette fois elle était clean, et le Serpentard ne se cachait pas sous un masque de dureté. Pourtant les deux scènes se confondaient presque. Elle était terrifiée, avait désespérément besoin qu’il la rassure, qu’il lui promette que ces horreurs étaient derrière eux. Sa voix n’était pas plus audible qu’un murmure. « - Я тебя люблю. » Les mots lui semblaient plus sincères en russe. Et s’il ne comprenait pas, il pouvait aisément deviner.

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